Travailler aux USA | Ce qu'il faut savoir

J’ai initialement déménagé aux USA pour un stage longue durée. Puis, j’ai décroché un CDI en temps partiel au sein de la même boite, j’y ai travaillé pendant au total 3 ans, et puis j’ai décidé de chercher un temps complet et depuis un an je travaille en CDI plein temps dans une autre boite.

Il n’est pas dur du tout de trouver des offres d’emploi partout, en tout cas ici à L.A.. Ce qui m’a choqué dans ma recherche de travail c’est le nombre de temps partiels qu’on propose. Souvent et surtout si on n’a pas d’expérience ou pas fait d’études, les boites embauchent en temps partiel et il n’est pas rare du tout de rencontrer des gens avec deux emplois à mi-temps. Il faut entre guillemet “faire ses preuves” avant de mériter un temps complet et tous ses avantages.

La plus grande différence entre les 2, c’est qu’au States lorsqu’on est a mi-temps on n’a pas droit (dans la majorité des cas) a une assurance santé (médical Insurance) ni a un plan de retraite (401k).  

La seule façon d’avoir une assurance santé (sans avoir a payer plein pot de sa poche) est d’avoir un poste a temps plein. Même chose pour les plans de retraite.

Les offres d’emploi se divisent donc en:

Full time (CDI plein temps)

Part time (CDI temps partiel)

Temp (interimaire)

On call (de garde)

Trainee (apprenti)

Intern (stagiaire)

Freelance

 

Par rapport a la france, j’ai remarqué que les employeurs font beaucoup moins attention à l’éducation scolaire reçue. Certes, avoir été dans une grande fac américaine comme USC ou UCLA facilite énormément les choses, mais ce n’est pas le contenu des études quant le fait que ce soit une preuve de determination qui comptent. Avoir été a la fac aux US signifie également le fait d’avoir soit grandi dans un milieu aisé, soit avoir déjà fait preuve d’excellence dans un domaine pour mériter une bourse - qui sont quasiment impossible a obtenir.

Ce à quoi un employeur fait attention c’est l’attitude des employés, leur fiabilité, leur initiative, motivation et compétences interpersonnelles. On part du principe que “tout peut s’apprendre” et les entreprises n’hésitent pas une seconde a dépenser des fortunes en formations pour les employés les plus motivés.

Les initiatives personnelles sont très bien reçues et encouragées par le management. Le changement est considéré comme une chose positive.

Quand j’ai commencé mon premier emploi, j’ai été choquée par plusieurs choses;

Tout d’abord, le RAPPORT A LA HIERARCHIE; bien que ma première boite était très très spéciale a ce niveau (car il s’agissait d’une filiale américaine d’une boite francaise), mon manageur était toujours accessible et amical. Il n’y a pas ce sens de pesanteur, de chichis et de politesse qu’on retrouve parfois en France.

J’ai aussi remarqué que tout le monde arrivait tous les matins en avance, et restait tard le soir, en gardant le sourire. Les heures sup sont en effet reçues comme des cadeaux par les employés. 

Une autre chose que j’ai remarqué c’est la façon de travailler; même dans les milieux compétitifs, tout le monde est content d'avoir un taff, de bonne humeur et optimiste! En tout cas dans mon poste actuel, c’est flagrant. Cette mentalité trouve ses origines dans le protestantisme; Dans le passé, être couronné de succès dans la vie, et au travail, aurait ouvert les portes du paradis. 

Pour avoir du succès il fallait donc travailler dur, se donner corps et âme à son occupation. L’éthique protestant se serait sécularisée et est maintenant bien ancrée dans la mentalité américaine, qui n’est plus forcement religieuse. 

Les pauses déjeuner sont très courtes; 30 minutes tout au plus. Mais les gens préfèrent manger et bosser en même temps plutôt que sortir respirer.

APPELER MALADE”, ou comme on dit ici “to call in sick”, est très mal vu. J’ai déjà vu des collègues arriver au travail avec 39 de fièvre et se faire renvoyer chez eux de force. 

Cela signifie 2 choses; premièrement, ici on a très envie de montrer a son chef sa propre motivation, donc il vaut mieux se faire renvoyer chez soi plutôt qu’appeler le travail. Deuxièmement, les journées pas travaillées ne sont pas payées et le système consumériste américain est construit autour d’un concept de credit ou pratiquement on passe sa vie à payer des factures. C’est pour cette même raison que les américains n’aiment pas prendre des vacances, car même si elles sont payées elles le sont moins bien que les jours de travail normaux. Il est très facile de trouver, mais aussi de perdre son emploi, et par effet boule de neige, perdre son credit, ses possessions etc. Tout le monde a très peur de perdre son emploi.

(Aussi, mon premier job avait 5 jours de vacances payées par an - C’était a la discretion de l’employé de prendre plus de jours non-payés)

J'ai adoré écrire cet article, j'espère qu'il vous aidera et/ou que vous le trouverez intéressant!